Le Xénope Lisse

Le Xénope Lisse est un batracien originaire d’Afrique Australe. Il est classé parmi les espèces envahissantes préoccupantes d’Europe depuis 2022 : doté d’un fort potentiel reproducteur, il est aussi un prédateur des amphibiens autochtones auxquels il peut par ailleurs transmettre des maladies. L’espèce, introduite en Europe pour la recherche pharmaceutique, était déjà présente dans certaines régions françaises, mais n’était jusque là pas implantée en Occitanie.

Le Xénope Lisse

En août 2024, le Xénope Lisse a été identifié dans un bassin routier bordant le périphérique toulousain géré par la DIRSO. Des analyses d’ADN environnemental ont été réalisées par le Conservatoire des Espaces Naturels Occitanie au cours de l’été pour confirmer les observations et vérifier si le Xénope n’était pas également présent dans l’environnement au-delà du bassin de la DIRSO. La présence du Xénope étant circonscrite à quelques sites identifiés, le préfet de Haute-Garonne a pris en novembre 2024 un arrêté prescrivant l’éradication du Xénope avant février 2026.

Chantier curage

Pour cela, la DIRSO a entrepris des travaux d’ampleur, sous le pilotage scientifique du Conservatoire des Espaces Naturels Occitanie (CEN) et en lien avec la DDT. Pour empêcher la propagation de l’amphibien, le bassin a tout d’abord été isolé au moyen d’une clôture adaptée, partiellement enterrée : celle-ci a été posée en avril 2025, avant le réveil des Xénopes en fin d’hibernation. Puis, la DDT a autorisé la mise « hors circuit » du bassin par fermeture des vannes d’alimentation et de sortie afin de permettre le confinement total du site. L’assèchement complet du bassin au cours de l’été a permis d’entreprendre dans les meilleures conditions les travaux de faucardage et de curage nécessaires à l’éradication du Xénope. Pour éviter la dissémination d’œufs de Xénope, les déchets végétaux issus du faucardage ont été stockés sur le site confiné avant d’être acheminés vers une usine d’incinération. Les boues de curage ont, quant à elles, été incinérées en cimenterie, permettant de les valoriser comme matière première pour la fabrication de ciment. En parallèle, le CEN Occitanie a procédé à des opérations de piégeage sur le site : une cinquantaine de Xénopes ont ainsi été capturés et euthanasiés.Enfin, des dispositifs « clapets » et de grilles ont été installés aux entrées et sorties du bassin afin de maintenir un contrôle sur les mouvements des amphibiens après la remise en eau.

Piégeage

Grace à la mobilisation des équipes de la DIRSO, les travaux, d’un montant total de 850 000 €, ont pu être achevés en novembre 2025, permettant la remise en fonctionnement du bassin avant l’hiver. Une convention, en cours de signature avec le CEN Occitanie, permettra d’assurer un suivi scientifique du site.

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