RN20 fermée suite à un éboulement majeur à Mérens-les-Vals

Un événement naturel rare et spectaculaire

Dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 janvier 2026, un éboulement rocheux d’ampleur exceptionnelle s’est produit sur la RN20, entre Ax-les-Thermes et L’Hospitalet-près-l’Andorre, sur le territoire de la commune de Mérens-les-Vals.
Aucune victime n’est à déplorer, mais l’événement a entraîné la coupure totale de la RN20 dans les deux sens de circulation dès le samedi à 3h30 du matin.
Un bloc rocheux estimé à environ 200 m³ s’est décroché depuis le sommet d’une falaise culminant à plus de 200 mètres au-dessus de la RN20.

De nombreux blocs se sont dispersés sur une centaine de mètres de chaussée, provoquant des dégâts importants sur la structure de la route, sur les dispositifs de retenue et sur le talus aval. Le plus gros des blocs, d’environ 30 m3 a créé un cratère dans la chaussée, puis s’est fracturé avant de terminer sa course dans le lit de l’Ariège. Il s’agit là d’un phénomène d’une ampleur encore jamais égalée (à l’échelle humaine) sur le secteur d’après les services experts.

Pourquoi la RN20 reste fermée ?

Malgré la mise en place rapide d’une organisation de crise, la RN20 restera fermée pour toute la durée des travaux qui pourraient durer jusqu’à quelques mois en fonction des résultats du diagnostic en cours de la falaise et des divers aléas, météorologiques ou de chantier (accessible uniquement en hélicoptère).

Les reconnaissances menées sur site ont mis en évidence :

  • un contexte géologique fragile et un compartiment rocheux très fracturé ;
  • deux masses de 8 m3 et 15 m3 en surplomb de la RN20, instables, qui participent à la stabilisation en pied d’une masse plus importante de 500 m3 fortement fragmentée et aux conditions de stabilité en cours d’analyse ;
  • de nombreuses discontinuités dans le versant.

Aucun agent n’est autorisé à intervenir en pied de falaise bien que le diagnostic soit achevé, afin de ne leur faire courir aucun risque. Chaque intervention in-situ nécessite une parfaite coordination entre les équipes au sol et les équipes en falaise.

Les travaux en cours et à venir

Les équipes de la DIR Sud-Ouest, en lien étroit avec le RTM, le CEREMA, et des entreprises spécialisées en risques rocheux, ont validé le programme des premiers travaux et démarré les interventions en falaise. La stratégie adoptée consiste à emmailloter par des câbles les deux masses instables pour permettre aux équipes de venir les clouer au massif par boulonnage. En parallèle, le diagnostic de la troisième masse de 500 m3 va être affiné, notamment grâce à l’observation de son comportement pendant les travaux de confortement.

A ce stade, sont terminés :

• le diagnostic de la zone de départ et des deux masses menaçantes ;
• la sécurisation des sites au sol et en falaise (drop zone) ;
• les installations de chantier au sol et en falaise ;
• la purge des éléments instables sur la zone de départ ;
• le câblage d’une première zone.

S’en suivront l’installation des câbles et la mise en œuvre du matériel d’auscultation et de suivi de la grosse masse avant les travaux de boulonnage des deux masses instables. Une fois ces dernières confortées, auront lieu la purge et l’évacuation des blocs en pied de falaise et sur la route, la reconstitution de la chaussée et l’installation de nouveaux dispositifs de retenue.

Aux aléas de chantiers s’ajoutent de nombreuses contraintes :

• l’accès à la zone de chantier ne peut se faire qu’en hélicoptère ce qui rend l’opération très sensible aux intempéries (notamment le vent et le brouillard) et aux conditions dans le versant (débit des ruissellements d’eau, cycle de gel/dégel, neige, …) ;
• chaque zone doit être entièrement sécurisée avant toute intervention ;
• l’exiguïté du site ne permet pas de multiplier les moyens humains et matériels pour accélérer l’opération ;
• des réseaux sont présents sous la chaussée : ligne HTA, alimentation en eau, fibre optique, télécom.
Selon les conclusions du diagnostic de la grosse masse, le calendrier des travaux pourrait être amené à évoluer.

Maintien des secours et gestion de crise

Une voie provisoire a été réalisée afin de permettre le passage des véhicules de secours pour les urgences vitales uniquement. Cette voie est strictement réglementée et surveillée par les forces de l’ordre.
Par ailleurs, la voie ferrée n’a pas été impactée par l’éboulement. À la demande de la Région Occitanie, la SNCF a renforcé l’offre ferroviaire, avec la mise en place de trains supplémentaires pour les déplacements des élèves et des travailleurs et le transport de petites marchandises (courrier, repas, médicaments…).

Déviations et conditions de circulation

Des déviations sont mises en place entre Pamiers et Bourg-Madame, en lien avec les conseils départementaux concernés. Ces itinéraires sont contraignants et peuvent générer des temps de parcours allongés.
Les poids lourds sont soumis à des déviations de grande maille, particulièrement pénalisantes.
L’accès français vers l’Andorre est donc très fortement perturbé.

Recommandations aux usagers :

• Éviter le secteur si possible ;
• Anticiper des temps de trajet fortement allongés ;
• Privilégier les transports ferroviaires lorsque cela est possible ;
• Se tenir informé via les canaux officiels (site internet, réseaux sociaux, information trafic).

Et ensuite ?

Les services de l’État et leurs partenaires tiendront les usagers régulièrement informés de l’avancée des expertises et des travaux. De nouvelles communications seront diffusées dès que des éléments fiables permettront de préciser les délais et modalités de réouverture.

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